Extrait du Soulcatcher |
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| L'éditorial apériodique |
8e édition : 26 mai 1999 (ptibou)
edito 7 (17 mai 1999)
les éditos précédents sont encore disponibles ici:
edito 6 (4 février 1999)
edito 5 (8 décembre 1998)
edito 4 (21 octobre 1998)
edito 3 (6 septembre 1998)
edito 2 (16 juillet 1998)
edito 1 (mai 1998)
Les sujets:
Quoi, déjà? Après les mois d'attente pour le précédent?
Ben ouais.
C'est pas que je sois malade, mais y'a du neuf.
Enfin un peu. Mais c'est pressé.
D'où ce "bébé édito".
D'abord, si vous êtes dans la région parisienne ou que
vous prévoyez d'y passer avant le 6 juin, il faut
absolument que vous fassiez un arrêt au Musée d'Orsay.
Il y a en ce moment une expo d'œuvres de Edward Burne-Jones,
un illustre inconnu anglais de la deuxième moitié du XIXe
(qui est en train de devenir ma période préférée en matière
d'art).
C'est assez personnel comme style, mais joli
(les cuistres au musée, le retour de la revanche).
C'est d'inspiration souvent arthurienne ou mythologique,
idéalisé, "précurseur du symbolisme", avec un velouté
très curieux au niveau des chairs notamment, et un
état d'esprit "d'artiste-atisan" diversifié que j'aime assez.
Et les armures qu'il peint sont assez fascinantes.
Dans le même cadre "saison anglaise" du Musée d'Orsay,
de l'autre côté de la grande-salle, il y a une expo
temporaire de décorations de style "gothique revival".
Rien à voir avec Marylin Manson, c'est un courant
architectural / décoratif de l'Angleterre Victorienne.
On y voit entre autres un très joli ensemble de poignées de
portes, si je me souviens bien, décorées de motifs de
fleurs où on devine en filigrane des fées si on fait
bien attention. C'est très bien fait, très fin, ça
se regarde sans fin, et je veux ça dans mon salon.
Il y a aussi une maquette d'époque du Royal Albert Memorial,
prêt de sa Majesté la Reine Elizabeth II, en or, argent
et émaux, qui doit valoir facile dans les 5000 PO, valeur
artistique non comprise (ah ben je vous avais dit que
j'étais une catastrophe comme critique d'art...).
Par contre, je suppose que c'est pour faire de la place
aux expositions temporaires qu'ils ont ôté le fameux
tableau de Jean Delville (cf édito 3)
et celui de Rimbaud & co par Fantin-Latour.
Too bad. *soupir* Enfin, on ne peut pas tout avoir...
Sinon, dans un genre tout à fait différent, accessible
même si vous n'êtes pas Parisien mais seulement si
vous avez Canal+, outre "Le tombeau des lucioles"
(cf édito 7), le 2 juin
il y a un "C+ Cleo" spécial manga à l'occasion du
festival d'animation d'Annecy (cherchez l'erreur).
Au programme, "Serial Experiment Lain", "Blue 6"
et "Escaflowne". Je ne sais pas ce que ça vaut,
(quoique j'ai eu de bons échos de Escaflowne et de Blue 6)
mais ça vaut pas le coup de s'en priver si vous avez
l'occasion. A vos magnétos, prêts, partez!
Et puis ils feront aussi plein de "suppléments
détachables spécial Annecy", mardi 1er à 21h55,
mercredi 2 à 22h30, et vendredi 4 à 22h40. Shais pas
ce que ce sera (des courts métrages a priori).
Cannes : la bérézina. Vous
souvenez-vous que j'ai écrit ici-même que Cronenberg
ayant les défauts de ses qualités, le palmarès de
cette année serait soit grandiose soit grotesque? Au
premier abord, j'ai pensé, comme tout le monde, que
la deuxième hypothèse s'était révélée vraie.
Sauf que cela a au moins mis une chose en évidence :
aucun des journalistes présents n'avait prédit les
prix accordés à "L'humanité" de Bruno Dumont, et à
"Rosetta" des frères Dardenne. Bon, on ne leur en
voudrait pas de ne avoir fait de bons pronostics, ce ne
sont pas des courses de chevaux.
En revanche, ce qui est beaucoup plus grave, c'est la
principale raison pour laquelle ils n'ont pas parlé de
ces films. Il faut quand même oser, comme une vieille
peau de critique de cinéma vient de le faire dans "Nulle
Part Ailleurs", accuser avec véhémence Cronenberg de
trahison pour son palmarès, tout en avouant sans honte
ne pas avoir vu les deux films primés, dont Rosetta "parce
qu'il est passé le samedi à 17h et qu'elle préparait sa
valise."
Eh banane, regarder TOUS les films de la sélection,
ça fait partie de ton boulot, au même titre que les jurés!
Le festival ne se termine pas quand les télés se barrent.
Et c'est la même, dans la foulée, qui dit que "ni Egoyan
ni Almodovar ni Kitano n'ont rien eu". Ah? Et le prix de
la mise en scène, il l'a bouffé Pedro Almodovar? Parce qu'il
l'a bien reçu, je vous signale. C'est quand même pas MOI la
journaliste ici!
Non mais on croit rêver. Un tel degré d'incompétence joyeuse,
à côté les choix de Cronenberg et sa bande sont anodins, et
compréhensibles quand on jette un oeil au jury. Ce sont pour
la plupart des habitués de la marge et des partisans de
l'humain. Et EUX, au moins, ils ont regardé les films...
Cerise sur le pompon (oui, oui, c'est fait exprès...) : le "discours" de Sophie Marceau. On espère qu'elle était sous l'effet de substances illicites, parce qu'être aussi incohérente et insupportable à jeun, ça dépasse franchement les limites du tolérable. On comprend mieux pourquoi elle est devenue actrice : sans texte à réciter, elle se serait faite lyncher depuis longtemps.
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